Définitions

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Qu’est-ce que le BLOB ?

Le BLOB est une masse gélatineuse qui ingère toute substance organique avec laquelle elle entre en contact physique. À l’origine, il s’agit d’un film de série Z sorti en 1958 où Steve McQueen faisait ses débuts au cinéma. S’en suivirent deux remakes, l’un de 1972 parodié par Larry Hagman (célèbre J.R. dans la série Dallas) et l’autre de 1988 en version gore à grands renforts d’effets spéciaux. Le Blob est devenu emblématique d’une sous-culture en occident, et a été importé en France par le groupe Ludwig Von 88 avec leur chanson Les blobs attaquent la plage (Houlala II « la mission » – 1987).

Pourquoi avoir choisi « Blob » comme nom de baptème?

Quand en 2001 je me suis vu confier le chant principal dans le groupe punk lyonnais Les Porcs, il fallait proposer un nom de baptême qui me ressemble. « Blob » est devenu mon surnom, une seconde identité, celle d’une nouvelle liberté créative. Ce choix rend hommage aux « Ludwigs » et à ma toute première confrontation avec la musique punk des années 80, lorsque j’avais une douzaine d’années. Et par extension aux mouvements undergrounds, des musiques combattantes qui se jouent dans les caves et les garages, une forme d’expression à la fois populaire et alternative.

« Blob », qui signifie « goute » ou « tache » en anglais argotique,  sonne aussi comme une syllabe, une onomatopée, un mot qui pourrait sortir tout droit d’une expression dadaïste ou de l’alphabet Shadok. Une bulle sonore où l’humour s’exprime en apparences parfois absurdes, mais nourrit d’un socle de valeurs empreintes d’humanisme et de solidarité. C’est déjà un geste musical en soit, minimaliste, essentiel. Il pose les bases d’une musique qui s’adresse avant tout à celui ou celle qui l’écoute, la ressent. Ainsi il ne s’agit pas de composer des textes ou des musiques délibérément élitistes, dans un entre-soi d’artistes que l’on observe parfois. Sans pour autant céder à la facilité, je crois que l’on peut proposer des formes à la fois simples et recherchées, avec une exigence tenace dans l’articulation des mots et des sons.

Enfin, la créature en elle-même, cette entité qui ingère tout pour se développer sans discontinuer, peut parfaitement correspondre à mon parcours de musicien protéiforme, où j’attrape tout se qui passe près de mes esgourdes: des expériences humaines et artistiques qui demandent parfois d’être digérées pendant de nombreuses années avant d’en restituer quelques réminiscences musicales. Je ne défends pas l’idée d’assembler des styles par collage, avec tel ou tel ingrédient juxtaposé à d’autres, mais plutôt une superposition d’esthétiques et de ressentis qui se déposent en strates. D’où l’importance d’accorder au temps de faire son œuvre de maturation, de laisser toutes ces expériences s’étager en couches de plus en plus profondes.
Éloge de la lenteur? Il est vrai que le BLOB ne se déplace pas promptement, mais il avance, il avance…