Pierrem Thinet - Alias Blob

« Blob » est le surnom du compositeur, parolier et interprète Pierrem Thinet. Avec le triple album Du faux-filet jusqu'au jarret, il propose un objet musical et poétique gargantuesque, où se dessinent de belles tranches vie racontées dans une langue fleurie, avec un goût prononcé pour des histoires fantastiques.
À déguster en solo ou en combo...

Résidence, concerts et sortie d'album !

"Alias Blob, notre intrépide poète, généreux, bonhomme sensible, aux textes aux mille influences, manie les mots comme le cuisinier embellit son plat. Hum ! Il sera en résidence du 30 octobre au 3 novembre 2017 à la Salle des Rancy (Lyon), lieu spécialiste de la chanson mais pas que, alors soyez à l’affût, la fourmi besogne pour que vous, "cigales", soyez toujours au printemps ! Vous êtes bien assis ? Un triple album à venir, intitulé "Du faux-filet jusqu’au jarret". Texte de Pat Kalla, publié dans la newsletter du collectif C'est Pas Des Manières, qui soutient le projet ALIAS BLOB.

  • Samedi 4 novembre 2017 21h00 / solo
    Aux Bons Sauvages - 2 quai Jean Jacques Rousseau 69350 La Mulatière

  • Dimanche 26 novembre 2017 14h00 / solo + rencontre
    Club Offprod - 16 allée des Centaures, 38200 Vienne - 09 73 68 97 31
    Tarif : 5€ / 10€ + adhésion

  • Mercredi 29 novembre 2017 20h00 / solo
    Atelier Gédéon Sillac - 9 rue Burdeau 69001 Lyon
    PAF : 5€

  • Jeudi 30 novembre 2017 20h30 / 1ère partie de Laura Cahen
    Salle des Rancy - 249 rue Vendôme 69003 Lyon

  • Vendredi 12 janvier 2018 20h30 / solo
    La Boîte à Gants - 4/6 rue Pierre Blanc 69001 Lyon

  • Vendredi 23 mars 2018 20h30 / combo / sortie du triple album !
    Toï Toï Le Zinc - 17/19 rue Marcel Dutartre 69100 Villeurbanne

  • Du faux-filet jusqu'au jarret - Derniers enregistrements !

    Chers amis ! Dernier jour d'enregistrement! Le travail continu pour le mixage.

    Alias Blob fait son cinéma - Tournage du clip Carole la Sacoche

    Qui serait intéressé(e) pour participer au prochain clip vidéo d'Alias Blob?
    Que vous sachiez ou non danser, que vous aimiez le madison et/ou le pogo, cette nouvelle folie blobounesque est faite pour vous!...

    Dans tous les cas, ce sera un truc bien marrant qui ne prendra que quelques minutes, probablement le samedi 24 juin en fin de matinée, (lieu et horaire exacts encore à confirmer, mais sans doute place Sathonay dans le 1er, à 10H30).

    Vous pouvez pratiquer les pas de danse en suivant la vidéo !

    Pierrem Thinet – Paroles et musiques, chant, violon alto et guitare cuatro

    Pierrem Thinet est compositeur, violon altiste, chanteur et parolier. Formé au Conservatoire et en Faculté de Musicologie à Lyon, il réalise un 1er disque solo en 1998. Puis il fonde le groupe Azalaï (rock / chanson / world), avec lequel il publiera 3 autres albums, dont La Femme Squelette en 2010. Durant cette période, il collabore étroitement au violon et/ou au chant, ainsi qu'en tant que compositeur et arrangeur, avec les groupes Jo Staline (rock alternatif), Les Porcs (punk satirique), L'EtherNaute (chanson), Tinuviel (musiques celtiques), Ogun (afrobeat), Eric Franceries (musiques du monde)...

    Parallèlement à son parcours sur les scène des musiques actuelles, Pierrem Thinet travaille dès 1996 avec de nombreuses compagnies de danse contemporaine et de théâtre. Il compose et interprète ses créations musicales pour les chorégraphes Guillaume Bordier (Cies Maurice Béjart, Roland Petit), Marcelo Sepulveda (Cies Maggy Marin, TramaLuna), Natacha Paquignon (Cie Kat'chaça), Damian Smith (San Francisco Ballet),… pour la danse. Et avec Ilimitrof CPG (France & Chine), Karim Troussi (Maroc), Le Chien Jaune, La Marmite,… pour le théâtre et les arts de la rue.

    Il fonde Alias Blob en 2012.

    Claire Mevel– Accordéon et chœurs

    Née en 1989 en Alsace, Claire Mével s'initie à la musique à travers le piano, qu'elle étudie en cursus classique au Conservatoire de Strasbourg (67) et à l'ENM de Villeurbanne (69). En parallèle, elle découvre l´accordéon, avec lequel elle se passionne pour les musiques et danses populaires de toute l'Europe. Sentant la nécessité de multiplier les expériences musciales, elle crée le groupe Bois ta Chaussure, joue avec le collectif alsacien Bal´us´trad, et complète son expérience scénique au sein de spectacles musicaux (Le Condamné à mort / Est-il Poésible). En 2012, elle intègre la Compagnie Nussa Cordon dans laquelle elle joue de l'accordéon et du gamelan pour le spectacle Sungay Nyany, le Chant du Fleuve. Depuis 2013, elle revisite le répertoire tango au sein du trio Nieblas Porteñas et part se former en Argentine ainsi qu'au au Brésil (été 2014).

    Elle rejoint Alias Blob en 2014.

    Valentin Franceries – Batterie et chœurs

    Valentin Franceries, né en 1991 à Lyon, est batteur et producteur de musique. Second fils de Paule et Éric Franceries, il grandit en banlieue lyonnaise et débute la musique en apprenant la batterie avec Sylvie Aubelle (Percussions et Claviers de Lyon). Dès son plus jeune âge, il est passionné par la création et la composition. Venant d'une famille de musiciens où le classique est à l'honneur (il représente, avec sa sœur Chloé, flûtiste, la 4ème génération), il assiste régulièrement à des concerts, des répétitions, des enregistrements. À l'âge de 16 ans, il décide de devenir musicien professionnel et est admis dans la classe de Batterie Jazz de Michel Chionchini, à l'École Nationale de Musique de Villeurbanne. Il fera très vite partie de la scène lyonnaise et se produira auprès de formations très variées (du Hip Hop à la World en passant par le Jazz ). Il fonde en 2012 avec Jeremy Benichou le projet «REDNIK» en musique électronique. À l'âge de 24 ans Valentin obtient une bourse pour poursuivre ses études à Berklee College of Music (US-Boston) dans la classe du Maître Bob Gullotti.

    Il co-fonde Alias Blob avec Pierrem Thinet en 2012.

    Baptiste Romano – Basse et chœurs

    Musicien de la rencontre, il exprime son art sur des scènes diverses et variées allant de la scène de théâtre aux caveaux jazz, en passant par des salles d'hôpitaux, à des algecos éphémères et jusque dans la rue, scène primordiale de toutes les expressions artistiques. Il pratique une percussion chantée et un jeu de basse percussif grâce à sa voix qu'il exprime par ses mains. Mais ses pieds ne sont pas étrangers à cette équation loup/phoque car il se considère comme un danseur étoilé par une respiration fumante. Actuellement en déambulation clownesque et percussive dans les rues de France avec la compagnie de la Timba Del Mundo, il intervient aussi, régulièrement, dans une clinique au nom poétique de La Villa des Roses, dans le cinquième arrondissement de Lyon. Il eut le grand honneur de jouer avec une star incontestée de la musique éthiopienne et éthiopique : Sa Majesté Mahmoud Ahmed.

    Sa basse participe à l'aventure du Blob depuis 2016.

    Qu'est-ce que le Blob ?

    Le Blob est une masse gélatineuse extra-terrestre qui ingère toute substance organique avec laquelle elle entre en contact physique. Cette créature à la croissance exponentielle apparaît pour la première fois en 1958, dans un film de série Z où Steve McQueen faisait ses débuts au cinéma. S'en suivirent deux adaptations, l'une de 1972 parodiée par Larry Hagman (célèbre J.R. dans la série Dallas) et l'autre de 1988, en version gore à grand renfort d'effets spéciaux. Le Blob est devenu emblématique d'une sous-culture en occident, et a été importé en France par le groupe Ludwig Von 88 avec leur chanson « Les Blobs attaquent la plage » (Houlala II, La Mission, 1987).

    Et pourquoi « Blob » ?

    Quand en 2001 je me suis vu confier le chant principal dans un groupe de musique punk, il fallait proposer un nom initiatique qui puisse refléter une part encore peu explorée de ma personnalité. « Blob » est devenu ce surnom, et cette nouvelle identité est parvenue à se juxtaposer puis à se confondre avec celle du passé. Ce choix rendait d'abord hommage aux « Ludwigs » et à ma toute première confrontation avec le punk des années 80, lorsque j'avais une douzaine d'années. Et par extension, aux mouvements alternatifs, aux musiques combattantes qui se jouent dans les caves et les garages, à ces formes d'expression à la fois populaires et libres.

    « Blob », qui signifie « goute » ou « tache » en anglais argotique, sonne aussi comme une onomatopée, une syllabe autonome, une formule qui pourrait sortir tout net du dadaïsme ou de l'alphabet Shadok. Une bulle sonore d'où notre humanité émerge avec une douce dérision et qui se répand dans une flaque baignée de camaraderie. Ce mot est déjà un geste musical en soi, minimaliste, essentiel. Il rappelle que la matière des mots et l'articulation des sons exigent beaucoup de justesse. Il dit qu'un ensemble complexe peut être constitué d'une multitude de choses simples, qu'une œuvre peut être radicale si elle n'oublie pas d'être généreuse. Et l'on saisit que le chant est primordial, que tout passe par l'incarnation de ce qui est raconté.

    Enfin, la créature en elle-même, cette entité gargantuesque qui ingère et se développe continuellement, peut présenter quelques similitudes avec un parcours de musicien protéiforme. Tout ce qui passe à portée d'esgourde est absorbé, filtré, assimilé, puis déposé en strates au fond d'un corps liquide avant d'être un jour restitué en réminiscences musicales. D'où la nécessité d'accorder au temps le temps d'accomplir son œuvre de maturation, de laisser toutes ces expériences s'étager en couches de plus en plus profondes. Éloge de la lenteur? Il est vrai que le Blob ne se déplace pas promptement. Mais il avance, il avance…

    Du faux-filet jusqu'au jarret

    Depuis plusieurs mois, Alias Blob s'est lancé dans la réalisation un peu folle, non pas d'un album, mais d'un triple ! Une aventure formidable où le studio la Guitoune, le studio de la Salamandre, le label C'est Pas Des Manières et la Cie Kat'chaça s'associent.
    A ce jour, il n'est pas encore question des morceaux définitifs. Vous pouvez néanmoins écouter une bonne partie du projet en suivant ce lien :

    OUVRIR LE LECTEUR AUDIO

    Enfin il est encore possible d'apporter votre soutien financier au projet en préachetant l'album.

    Participer au financement !

    UN PETIT AIR DE ROUGE (Prélude)

    LE GRAND SOIR

    J'ai pris mon blouson
    pour aller au bistrot
    boire quelques blondes
    Chargé de houblon
    j'm'en vais jouer au héros
    refaire le monde

    Mais la révolution
    ça tourne en rond
    Toujours la même chanson
    Bella ciao, ciao, ciao

    Faut dire que le zinc
    est beurré de nanars
    pires que bâbord
    Quand ça vous embringue
    de bières en communards
    jusqu'à ras bord

    Oui la révolution
    c'est pour de bientôt
    À nous le Grand Soir
    Bella ciao, ciao, ciao

    Puis le bastringue
    s'est mis à chavirer
    dans les cocardes
    Tout se déglingue
    en formules consacrées
    politicardes

    Mais la révolution
    c'est pour de faux
    Adieu ma jolie
    Bella ciao, ciao, ciao

    Je m'suis réveillé
    dans une bouche de métro
    au petit matin
    Le cerveau broyé
    je m'en vais au bureau
    jouer les pantins

    La révolution
    elle a bon dos
    Une balle dans la nuque
    Bella ciao, ciao, ciao, ciao

    LA VIE SANS ROSE

    Rose des sables
    tu as enseveli mon cœur
    de garçon éperdu
    de tes rêves d'épines
    et tu me plantes là
    accroché à la dune

    J'ai eu ma dose
    La vie sans rose

    Tu sais, j'attendrais
    que le sable s'écoule
    même si je sais
    que j'ai tort d'espérer
    que le désert avance
    j'attendrais sans rancune

    Pas de névrose
    La vie sans rose

    Et même si la nuit
    les étoiles défilent
    et même si le jour
    les rêves s'évaporent
    je cracherais au ciel
    pour implorer la pluie

    Prends-moi dans tes bras
    qu'attends-tu
    pour me parler tout bas
    dans les creux, dans la peau
    brûlée par le soleil
    doux baisers de salive

    Fais quelque chose
    La vie sans rose

    Entre dans mes délires
    grains de sable au milieu
    des étoiles qui tremblent
    à me brûler les yeux
    sur les vagues de vent
    et toucher l'autre rive

    Mon cœur implose
    La vie sans rose

    Rose des vents
    tu as éparpillé mes larmes
    épongées par le sable
    où mes rêves ont fondu
    mais les chansons fleurissent
    au retour du soleil

    Comme une rose
    pâle et close

    CAROLE LA SACOCHE

    Carole la sacoche
    titube en plein hiver
    de la sciure plein les poches
    et les tripes à l'envers

    Tu as les cheveux blonds
    salis par les épreuves
    collés par le houblon
    dont tes journées s'abreuvent

    Un petit corps exquis
    s'il n'était si marqué
    par une histoire qui
    m'a l'air bien compliquée

    Tu as l'œil au beurre noir
    est-ce un mari violent ?
    ou le bord d'un trottoir
    portée par ton élan ?

    Car il est malaisé
    d'avoir le pied marin
    quand on a la nausée
    et du bouillon plein les reins

    Il n'est pas soir de fête
    ni l'orée d'un week-end
    juste la mine défaite
    d'une triste semaine

    Un mari qui te trompe
    ou une sombre noce ?
    Un simple coup de pompe
    dans ce monde féroce ?

    Je t'ai nommée Carole
    de façon bien gratuite
    pour la rime en alcool
    et inventer la suite

    Je m'appelle bien Pierre
    et on fait peu de cas
    de mes cuites à la bière
    ou muffées de vodka

    Vois-tu ma chère Carole
    j'espère tant me gourer
    d'avoir pris de traviole
    une simple virée

    Je te souhaite bonne route
    Carole la sacoche
    que la vie te chouchoute
    de l'amour plein les poches

    L'ORANGE BLEUE

    Je ne sais plus pourquoi j'allais danser
    dans une autre galaxie
    Comme un jeune pantin désarticulé
    emporté vers l'infini

    Je ne sais plus pourquoi j'ai décroché
    le cordon ombilical
    Qui me tenait toujours bien arrimé
    à la station sidérale

    Mais c'est pas grave, je plane
    et je contemple les étoiles
    Non c'est pas grave, je tombe
    dans le silence spatial
    Je viens d'une terre étrange
    Terre bleue comme une orange

    Je ne sais plus vraiment ce qui m'a pris
    de me jeter dans le vide
    Poussé par toute cette vie d'ennui
    un trou noir au fond du bide

    Je ne sais plus comment j'ai traversé
    des millions d'années lumières
    Pour me trouver la tête renversée
    loin de la planète Terre

    Mais c'est pas grave, je plane
    et je contemple les étoiles
    Non c'est pas grave, je tombe
    dans le silence spatial
    Je viens d'une terre étrange
    Terre bleue comme une orange

    Non c'est pas grave, je plane
    le temps de mettre les voiles
    Non c'est pas grave, je tombe
    déconnexion du signal
    Je vais manquer d'oxygène
    Mais ce n'est plus un problème...

    LE QUART D'HEURE AMÉRICAIN (Interlude)

    SURPRISE-PARTIE À LA VILLA DES CHRYSANTHÈMES (Les Viocs)

    Quand le Grand Orchestre gronde
    par une nuit de canicule
    on découvre en ce bas monde
    que ça tire sur les rotules

    Déhanchés de fausses blondes
    collées au sexe de vieux mâles
    mélange d'haleines moribondes
    et de fragrances intestinales

    Ils dansent sur le paddock
    les viocs

    Certains exhibent leurs parures
    sous des brushings mauvais goût
    à vous faire tomber le mercure
    à vous faire baver les bagouts

    Sur un tango de sinécure
    ou un cha-cha-cha frénétique
    ils fondent au fur et à mesure
    et se putréfient en musique

    Ils dansent sur le paddock
    les viocs

    Voyez ces terribles bestioles
    Vieux beaux et rombières édentés
    qui tiennent à peine sur leurs guibolles
    garnies de varices éclatées

    Entre prothèses et matières molles
    ou autres vestiges de crâne
    on trouve étalés sur le sol
    les restes de chute d'organes

    Ils dansent sur le paddock
    les viocs

    MANÈGE D'HIVER

    Tu te rendors
    je te caresse
    je te contourne
    toute en rond
    je te manège
    éternelle
    juste aujourd'hui
    juste du bien

    Tu me distances
    mais pas trop
    juste aujourd'hui
    juste ce qu'il faut
    juste un peu de
    neige fondue
    main dans la main
    sans lendemain

    Tu me retiens
    je te reviens
    et le manège
    qui recommence
    qui s'emballe
    qui s'en balance
    au bout d'un fil
    d'un petit rien
    d'un peu de bien
    pour quelques jours
    et quelques mois
    d'hiver au chaud

    Tu me ruptures
    je te pirouette
    et bris de glace
    et de vaisselle
    et feu aux poudres
    d'hiver de rien
    où l'on détourne
    les yeux en san-
    glots silencieux
    dos contre dos
    deux contre seuls
    joue contre jour

    Tu te ménages
    nage bien
    nage loin
    sans te retourner

    UN DÉ́TAIL

    Un détail
    pas grand chose...

    Un tout petit détail
    histoire de rien du tout
    un détail perdu
    au beau milieu du sable

    Une histoire de détail
    histoire d'épouvantail
    qu'on raconte aux enfants
    pour qu'ils ne dorment plus

    Un détail encore un
    un détail à la seconde
    un, deux corps à la pelle
    du marchand de sable

    Un détail
    pas grand chose...

    Juste quelques détails
    au milieu de milliers
    de millions de détails
    d'une constellation

    Un détail, des étaux
    et mon corps me pèse
    et ces enfants s'envolent
    en poussière d'étoile

    MORT D'UN CURÉ DE CAMPAGNE

    Le Père a canné
    d'une goutte au nez
    le sang du Seigneur
    ne fais pas l'bonheur
    à passer trop d'années
    le corps profané
    privé de chaleur
    ça vous gèle un cœur

    Le Père a canné
    l'âme chagrinée
    noyée dans l'erreur
    d'une vie de ferveur
    pour un dieu cerne
    de dévots aliénés
    tristes prédicateurs
    marchands de bonheur

    Le Père a canné
    à l'heure surannée
    où les fossoyeurs
    hurlent avec fureur
    au monde trépané
    le chant des damnés
    refrains racoleurs
    et bonimenteurs

    Le Père a canné
    homme abandonné
    aux doutes ravageurs
    d'une foi en pleure
    ombre piétinée
    de larmes avinées
    l'esprit déserteur
    d'un souffre-douleur

    ADIEU BERTHE ! (Postlude)


    LES ABATTOIRS DE CHERBOURG

    Par une nuit fraiche et humide
    Un chant lugubre me réveille
    Ce sont des vaches que l'on trucide
    Mais je me bouche les oreilles

    Le lendemain au petit dèj'
    Je mords un steak sanguinolent
    Sans doute la bête prise au piège
    De mes bas instincts somnolents

    Je pense à elle, un peu coupable
    De cette mort industrielle
    Mais peu importe je suis à table
    Et la saveur du sang m'appelle

    En parmentier ou en tartare
    Du faux-filet jusqu'au jarret
    Ça vous fera baver un viandard
    Pourvu que le bestiau soit frais


    Une vache
    Je suis une peau d'vache
    Avec des cornes et des sabots au bout des doigts

    J'aime la viande
    Bien tendre et saignante
    Tant pis pour celle qui finira dans mon assiette

    Par une nuit de canicule
    Un chant lugubre me réveille
    Ce sont des mouettes que l'on en…
    Mais je me bouche les oreilles

    LE CRABE

    Le crabe
    le crabe ne recule pas
    il se glisse partout
    sous les lits
    les faux plafonds
    jusqu'aux seins de nos mères

    Le crabe
    c'est ton corps de prison
    le couloir de la mort
    l'éléphant en travers

    Et des roses posées
    sur la table de nuit

    Le crabe
    le crabe résonne au fond de tous

    N'ayons plus peur des loups
    ils ont quitté Paris
    mais le crabe, lui
    il tue aussi des mômes
    même des gosses de riches
    il regarde pas

    Le crabe
    le crabe n'épargne pas
    se faufile partout
    sous la peau sur les os
    et la tête alouette
    jusqu'aux seins de nos mères...

    Prélude à l'après-midi d'un lapin de garenne

    Myxomatoses

    Myxomatose
    ça vous dit quelque chose ?
    J'ai la tête en compote
    et la carcasse ramollie
    Myxomatose
    o.k. j'ai eu ma dose !
    A manger des carottes
    et des racines de pissenlit
    J'ai les yeux explosés

    Mais c'est pas pire
    que de finir
    dans un laboratoire
    boîte à cobayes, qu'ils disent
    pour analyses !

    Subir des électrochocs
    pour faire avancer la science
    gober des staphylocoques
    en guise d'expérience
    ou finir aux cosmétiques
    du rouge à lèvre sur le cul
    contre la diarrhée chronique
    par le trou de la Sécu
    et les yeux explosés
    explosés !

    Myxomatose
    ça vous dit quelque chose ?...

    Mais c'est pas pire
    que de finir
    dans un peep-show
    Little Shangaï, qu'ils disent
    et friandises !

    Danser à moitié à poil
    une queue d'lapin sur les fesses
    sur les tétons des étoiles
    certifiées "made in U.S."
    puis coucher sans capote
    pour toucher le jackpot
    un peu d'amour
    fixé entre deux mecs
    un peu de haine
    réglée en traveller's check
    juste un extra, kifkif
    dans la culotte ou le sous-tif
    le Wonderbra
    Wonder Woman !

    Myxomatose
    ça vous dit quelque chose ?...

    Mais c'est pas pire
    que de finir
    chez le taxidermiste
    un peu de paille, qu'ils disent
    ça paralyse !

    S'faire plomber à la mitraille
    ou déboîter au pare-chocs
    éviscérer les entrailles
    et coller des yeux en plastoc
    du panthéon des lapins
    au comble de l'ironie
    la maîtresse en maillot d'bain
    devant 30 millions d'amis
    Qui veut ma peau ?
    Roger Rabbit !

    Myxomatose !
    Mixo-mixeur !
    il paraît qu'on en meure
    J'ai les yeux explosés

    Lâcher d'utopistes dans la prairie

    Sarkophages

    Je suis un roi de pique
    au sommet d'une pyramide
    le fantoche pharaonique
    atrabilaire et liberticide

    Je suis la nécrose incarnée
    nourrie au sein de la calomnie
    un sycophante destiné
    aux affres de la tyrannie

    Je suis Le Roi de Pique
    tout en haut de la pyramide
    le tartuffe fanfaronique
    irascible et psychorigide

    On me surnomme le Sarkophage
    tout en béton jusqu'à la moelle
    polymorphe et anthropophage
    xénophobe et bouffeur de cervelle

    Je foutrais dans des charters
    aux confins de l'infamie
    des enfants et des grabataires
    fils de métèques et flopées d'insoumis

    Je suis la Dame de Pique
    à cheval sur la pyramide
    hétaïre schizophrénique
    moitié flambeuse, moitié frigide

    Je reçois dans mon palace
    entre les flûtes et les boudoirs
    la crème des crèmes, l'as des as
    la fine fleur du pouvoir

    Et je jouie de la perversité
    un doigt de fiel et de vautour
    gavée au sein de la vanité
    concupiscente et blasée tour à tour

    Vade Metro

    Lundi, patates et mal au dos
    Mardi, patates et mal au dos
    Mercredi, idem, jeudi, zéro
    Vendredi, la même rengaine
    Samedi, dimanche, je reste au chaud

    Oh ! Laisse passer, laisse couler
    regarde le flot des travailleurs
    Oh ! Laisse pisser, laisse tomber
    prend garde au salaire de labeur
    Vade Metro !

    Métro, boulot et mal au dos
    métro, goulot, y'a plus de rêve
    Trop mal aux ch'veux, mal dans la peau
    Lorsque nos illusions s'achève

    J'veux pas finir dix pieds sous terre
    loin des pigeons, loin des gratte-ciels
    J'veux pas qu'on remplace la lumière
    par ces soleils artificiels

    Lundi, patates et mal au dos
    Mardi, patates et mal au dos
    Mercredi, idem, jeudi, zéro
    Vendredi, la même rengaine
    Samedi, dimanche, je reste au chaud

    Vade Métro, les gens s'entassent
    ferment les yeux, courbent le dos
    tout le monde à son poste, à sa place,
    pour croûter des patates à l'eau

    J'veux pas bosser pour ces diables sans queue
    ces cravates grises aux sourires acérés
    Laissez-moi sortir, j'veux pas finir comme eux
    laissez-moi brailler, laissez-moi dérailler

    Regarde ces zombies dans les filles d'attente,
    ils se gavent de nos rêves et de nos idéaux
    Prends garde à ces odeurs, ces haleines grimaçantes
    ces bouches qui avalent les mauvais numéros

    J'veux plus ramer sous terre pour des patates à l'eau
    quitte à foutre du beurre dans les tronches à cravate
    J'veux plus vivre à l'envers, vivre pour le boulot
    comme une bête piégée qui se ronge la patte

    Vade métro, les zombies nous attaquent
    ils se sont infiltrés par la porte du fond
    Vade métro, la folie nous matraque
    une énorme araignée accrochée au plafond

    J'veux pas finir comme ça, j'veux pas finir broyé
    quitte à bouffer du zombie, peler du cannibale
    J'veux pas finir comme eux, laissez-moi respirer
    La sortie de secours ou je perds les pédales

    Lundi, cravate et mal au dos
    Mardi, cravate et mal au dos
    Mercredi, idem, jeudi, pas beau
    Vendredi, la même dégaine
    Samedi, dimanche, Vade Métro !

    Chants de ruines

    Fourbi de boue
    et de cadavres faisandés
    de ceux qui sont morts debout
    pour quelque cause, pour des idées

    Pour les idées des autres
    ceux qui ne mouillent pas leur chemise
    pour ces paroles d'apôtres
    qui prêchent à n'importe quelle église

    Tant que les gorges ne seront pas tranchées

    Amas de taules
    et de membres oubliés
    accrochés au mauvais rôle
    aux rouleaux de fils barbelés

    On ne se bat pas avec des fleurs
    mais avec des gerbes d'immondices
    pour ceux qui ne craignent la douleur
    et sacrifient leurs propres fils

    Tant que leur soif ne sera pas étanchée

    Il pleut des trombes
    d'obus sur les soldats enflammés
    peu importe l'hécatombe
    elle nourrit les bouches affamées

    Elles se jettent comme des vautours
    sur le charnier de l'Histoire
    afin de s'asseoir à leur tour
    au sommet d'une tour d'ivoire

    Le sang coule entre les dents comme un goût d'immortalité

    La Femme squelette

    Une ombre précipitée
    du haut d'une falaise
    engloutie pour des siècles
    par cet océan furieux

    Pourquoi ce drame ?
    Pour une liaison interdite ?
    Pour avoir osé aimer
    l'homme qu'elle avait choisi

    Un père infanticide,
    une tribu fanatique
    une enfant que l'on tue
    pour des rites stupides
    aux intérêts douteux
    de ces gagne-petit
    prêts à verser le sang
    de leur propre chair

    Son corps décomposé
    au fil des années…

    Un marin du Grand Nord
    lui a jeté sa ligne
    l'hameçon pris au piège
    du corps squelettique

    Et l'homme effrayé
    à la vue de sa prise
    s'en est vite retourné
    chez lui sur la banquise

    Le marin, épuisé,
    s'endort sur sa couche
    hanté dans ses rêves
    par la femme squelette

    L'effroyable créature
    qui veille à ses côtés
    embrasse ce visage
    aux traits forts et fragiles

    D'abord du sang
    qui recouvre ses os
    des viscères et un cœur
    accrochés à la chair
    recouverte de peau
    entrouverte de lèvres
    et de ses yeux mi-clos
    qui recouvrent la vie,
    une larme…

    Zorann (L'Enfant étoile)

    « Quand tu regarderas le ciel, la nuit,
    puisque j'habiterai dans l'une d'elles,
    puisque je rirai dans l'une d'elles,
    alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles.
    Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire ! »


    Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince (chap. 26)

    Le vieux marchand et le canasson

    Avance, vieille carne
    Avance
    Avance, tas de viande
    On y est presque
    On touche l'horizon
    Là où les étoiles naissent

    On a traversé des tourmentes
    Du sable plein les naseaux
    La chair meurtrie par le gel
    Et des crevasses sous les yeux

    Avance, vieille carne
    Avance
    Avance je te dis
    On touche au but
    Là où le soleil s'éveille
    Sur des prairies infinies

    Nos peaux ne font plus qu'une
    D'un même cuir boucané
    Et nos carcasses se disloquent
    Au rythme de nos pas emboités

    Allez avance vieille carne
    Avance
    Avance mon vieil ami
    Demain on se reposera
    A nous les promesses
    De sourires et d'herbes fraîches

    On a parcouru le vieux monde
    Tendus comme des fils de soie
    Habités de jours heureux
    Et de veillées aux chants funèbres

    Allez avance, vieille carne
    Ne lâche pas
    Plus que quelques foulées
    Mon vieil ami
    Mon pire ennemi parfois
    Miroir de nos turpitudes

    On partagera les richesses
    De nos racontars fabuleux
    Trésors de nos vies décharnées
    Remplis de parfums innombrables

    Avance, vieille carne
    Accroche-toi
    Je sens que la fin est proche
    Là, juste là, à l'horizon
    Les yeux à moitié clos
    Et nos cœurs à l'unisson

    Lettre d'un soldat de boue

    Ma chère et tendre épouse
    j'ai de tristes nouvelles
    je ne pourrai rentrer
    comme promis, cet hiver

    Ne m'attends pas au train
    car le monde est cruel
    il méprise l'amour
    il attise la guerre

    Embrasse cet enfant
    que je ne connais guère
    juste une photo glissée
    entre deux chocolats

    Dire que je suis un homme
    et dire que je suis père
    mais qu'à l'heure de l'assaut
    je ne suis qu'un cancrelat

    Le sang me pétrifie
    la violence m'insurge
    j'exècre les humains
    doués de tant de haine

    L'homme est un choléra
    une affligeante purge
    un fléau contagieux
    où la mort se déchaîne

    Quand le combat approche
    mes jambes se dérobent
    comme paralysées
    par cette chose infecte

    Car je n'ai ni violence
    ni fibre xénophobe
    et me terre dans la boue
    comme une larve d'insecte

    Les bras ankylosés,
    le torse au souffle court
    je demeure immobile,
    combattant sur la touche

    Et pris dans la tourmente
    je hurle à ton amour
    je m'arrache la gorge
    de la terre plein la bouche

    Et je prie le bon dieu
    si quelque part existe
    de ne pas me faucher
    quitte à descendre en enfer

    Car plus que tout au monde
    rien n'me serait plus triste
    que d'avoir donné vie
    à un enfant sans père

    Parfois dans le silence
    quand les hommes sont las
    et que la nuit se pose
    sur la boue hémophile

    Je façonne ton corps
    tes épaules, tes bras,
    tes hanches, ta poitrine,
    ton visage d'argile

    Je te pétrie d'amour
    en rêvant à moitié
    de l'odeur de la ferme
    de l'odeur de ton ventre

    Je traverse la glaise
    où mon corps nourricier
    redonne un peu de vie
    à cette terre en cendres

    Production
    Contact : Sathya Flory
    Courriel : sathya.flory@aliasblob.com
    Téléphone : +33 (0) 6 70 91 07 33

    Diffusion
    Contact : Julie Ciapin
    Courriel : julie.ciapin@aliasblob.com
    Téléphone : +33 (0) 6 32 89 55 93

    Diffusion
    Contact : Sylvain Martinet
    Courriel : sylvain.martinet@aliasblob.com
    Téléphone : +33 (0) 7 84 15 01 95

    Artistique
    Contact : Pierrem Thinet
    Courriel : pierrem.thinet@aliasblob.com
    Téléphone : +33 (0) 6 81 66 97 47

    Administratif
    Contact : C'est Pas Des manières
    Adresse postale : 34 avenue Roger Salengro
    69100 Villeurbanne (France)
    Courriel : gestion@cestpasdesmanieres.org
    Téléphone : +33 (0) 4 78 94 84 12
    Site web : http://www.cestpasdesmanieres.org/artists/alias-blob/

    Concerts à venir

  • Dimanche 26 novembre 2017 14h00 / solo + rencontre
    Club Offprod - 16 allée des Centaures, 38200 Vienne - 09 73 68 97 31
    Tarif : 5€ / 10€ + adhésion

  • Mercredi 29 novembre 2017 20h00 / solo
    Atelier Gédéon Sillac - 9 rue Burdeau 69001 Lyon
    PAF : 5€

  • Jeudi 30 novembre 2017 20h30 / 1ère partie de Laura Cahen
    Salle des Rancy - 249 rue Vendôme 69003 Lyon

  • Vendredi 12 janvier 2018 20h30 / solo
    La Boîte à Gants - 4/6 rue Pierre Blanc 69001 Lyon

  • Vendredi 23 mars 2018 20h30 / combo / sortie du triple album !
    Toï Toï Le Zinc - 17/19 rue Marcel Dutartre 69100 Villeurbanne

  • Les derniers concerts

  • 4 novembre 2017 / solo / Aux Bons Sauvages / La Mulatière (69)
  • 2 novembre 2017 / sortie de résidence / Salle des Rancy / Lyon (69)
  • 25 juillet 2016 / Festival Cinéfil / Péniche Loupika / Valence (38)
  • 24 juin 2016 / La Fabrique de Jaspir / Saint-Jean-de-Bournay (38)
  • 04 juin 2016 / Au Café Quoi / Saint-Armand-Roche-Savine (63)
  • 02 avril 2016 / Aux Bons Sauvages / Lyon (69)
  • 10 mars 2016 / Agend'Art / Lyon (69)
  • 05 mars 2016 / Les Instan'tanneries / Pont-Évêque (38)
  • 04 mars 2016 / Modern Art Café / Lyon (69)
  • 14 novembre 2015 / Toï Toï Le Zinc / Villeurbanne (69)
  • 12 octobre 2015 / La Fabrique de Jaspir / Saint-Jean-de-Bournay (38)
  • 18 juillet 2015 / Le Ness / Grenoble (38)
  • 17 juillet 2015 / Pepin'Art / St-Alban d'Hurtière (73)
  • 31 octobre 2014 / Toï Toï Le Zinc / Villeurbanne (69)
  • 12 juin 2014 / La Villa Gillet / Lyon (69)
  • 21 juin 2012 / Les Clochards Célestes / Lyon (69)