Pierrem Thinet - Alias Blob

« Blob » est le surnom du compositeur, parolier et interprète Pierrem Thinet. Avec le triple album Du faux-filet jusqu'au jarret, il propose un objet musical et poétique gargantuesque, où se dessinent de belles tranches vie racontées dans une langue fleurie, avec un goût prononcé pour des histoires fantastiques.
À déguster en solo ou en combo...

Séance de ré-amping au studio La Salamandre (Rhône, France).

Il s'agit ici d'une piste de voix "chantée" dans un violon alto, avec l'assistance d'un dispositif électronique qui a permis de créer ce son pour l'album d'Alias Blob: Du faux-filet jusqu'au jarret (disponible à partir de septembre 2017). Le ré-amping (ou reamping) consiste à repasser dans des amplificateurs des bandes déjà enregistrées, permettant de capter le grain sonore des-dits amplis, ainsi que la sonorité naturelle de la pièce où à lieu cette captation (ici, le magnifique studio de Pascal Cacouault).

Du faux-filet jusqu'au jarret - Derniers enregistrements !

Chers amis ! Dernier jour d'enregistrement! Le travail continu pour le mixage.

Alias Blob fait son cinéma - Tournage du clip Carole la Sacoche

Qui serait intéressé(e) pour participer au prochain clip vidéo d'Alias Blob?
Que vous sachiez ou non danser, que vous aimiez le madison et/ou le pogo, cette nouvelle folie blobounesque est faite pour vous!...

Dans tous les cas, ce sera un truc bien marrant qui ne prendra que quelques minutes, probablement le samedi 24 juin en fin de matinée, (lieu et horaire exacts encore à confirmer, mais sans doute place Sathonay dans le 1er, à 10H30).

Vous pouvez pratiquer les pas de danse en suivant la vidéo !

Pierrem Thinet – Paroles et musiques, chant, violon alto et guitare cuatro

Pierrem Thinet est compositeur, violon altiste, chanteur et parolier. Formé au Conservatoire et en Faculté de Musicologie à Lyon, il réalise un 1er disque solo en 1998. Puis il fonde le groupe Azalaï (rock / chanson / world), avec lequel il publiera 3 autres albums, dont La Femme Squelette en 2010. Durant cette période, il collabore étroitement au violon et/ou au chant, ainsi qu'en tant que compositeur et arrangeur, avec les groupes Jo Staline (rock alternatif), Les Porcs (punk satirique), L'EtherNaute (chanson), Tinuviel (musiques celtiques), Ogun (afrobeat), Eric Franceries (musiques du monde)...

Parallèlement à son parcours sur les scène des musiques actuelles, Pierrem Thinet travaille dès 1996 avec de nombreuses compagnies de danse contemporaine et de théâtre. Il compose et interprète ses créations musicales pour les chorégraphes Guillaume Bordier (Cies Maurice Béjart, Roland Petit), Marcelo Sepulveda (Cies Maggy Marin, TramaLuna), Natacha Paquignon (Cie Kat'chaça), Damian Smith (San Francisco Ballet),… pour la danse. Et avec Ilimitrof CPG (France & Chine), Karim Troussi (Maroc), Le Chien Jaune, La Marmite,… pour le théâtre et les arts de la rue.

Il fonde Alias Blob en 2012.

Claire Mevel– Accordéon et chœurs

Née en 1989 en Alsace, Claire Mével s'initie à la musique à travers le piano, qu'elle étudie en cursus classique au Conservatoire de Strasbourg (67) et à l'ENM de Villeurbanne (69). En parallèle, elle découvre l´accordéon, avec lequel elle se passionne pour les musiques et danses populaires de toute l'Europe. Sentant la nécessité de multiplier les expériences musciales, elle crée le groupe Bois ta Chaussure, joue avec le collectif alsacien Bal´us´trad, et complète son expérience scénique au sein de spectacles musicaux (Le Condamné à mort / Est-il Poésible). En 2012, elle intègre la Compagnie Nussa Cordon dans laquelle elle joue de l'accordéon et du gamelan pour le spectacle Sungay Nyany, le Chant du Fleuve. Depuis 2013, elle revisite le répertoire tango au sein du trio Nieblas Porteñas et part se former en Argentine ainsi qu'au au Brésil (été 2014).

Elle rejoint Alias Blob en 2014.

Valentin Franceries – Batterie et chœurs

Valentin Franceries, né en 1991 à Lyon, est batteur et producteur de musique. Second fils de Paule et Éric Franceries, il grandit en banlieue lyonnaise et débute la musique en apprenant la batterie avec Sylvie Aubelle (Percussions et Claviers de Lyon). Dès son plus jeune âge, il est passionné par la création et la composition. Venant d'une famille de musiciens où le classique est à l'honneur (il représente, avec sa sœur Chloé, flûtiste, la 4ème génération), il assiste régulièrement à des concerts, des répétitions, des enregistrements. À l'âge de 16 ans, il décide de devenir musicien professionnel et est admis dans la classe de Batterie Jazz de Michel Chionchini, à l'École Nationale de Musique de Villeurbanne. Il fera très vite partie de la scène lyonnaise et se produira auprès de formations très variées (du Hip Hop à la World en passant par le Jazz ). Il fonde en 2012 avec Jeremy Benichou le projet «REDNIK» en musique électronique. À l'âge de 24 ans Valentin obtient une bourse pour poursuivre ses études à Berklee College of Music (US-Boston) dans la classe du Maître Bob Gullotti.

Il co-fonde Alias Blob avec Pierrem Thinet en 2012.

Baptiste Romano – Basse et chœurs

Musicien de la rencontre, il exprime son art sur des scènes diverses et variées allant de la scène de théâtre aux caveaux jazz, en passant par des salles d'hôpitaux, à des algecos éphémères et jusque dans la rue, scène primordiale de toutes les expressions artistiques. Il pratique une percussion chantée et un jeu de basse percussif grâce à sa voix qu'il exprime par ses mains. Mais ses pieds ne sont pas étrangers à cette équation loup/phoque car il se considère comme un danseur étoilé par une respiration fumante. Actuellement en déambulation clownesque et percussive dans les rues de France avec la compagnie de la Timba Del Mundo, il intervient aussi, régulièrement, dans une clinique au nom poétique de La Villa des Roses, dans le cinquième arrondissement de Lyon. Il eut le grand honneur de jouer avec une star incontestée de la musique éthiopienne et éthiopique : Sa Majesté Mahmoud Ahmed.

Sa basse participe à l'aventure du Blob depuis 2016.

Qu'est-ce que le Blob ?

Le Blob est une masse gélatineuse extra-terrestre qui ingère toute substance organique avec laquelle elle entre en contact physique. Cette créature à la croissance exponentielle apparaît pour la première fois en 1958, dans un film de série Z où Steve McQueen faisait ses débuts au cinéma. S'en suivirent deux adaptations, l'une de 1972 parodiée par Larry Hagman (célèbre J.R. dans la série Dallas) et l'autre de 1988, en version gore à grand renfort d'effets spéciaux. Le Blob est devenu emblématique d'une sous-culture en occident, et a été importé en France par le groupe Ludwig Von 88 avec leur chanson « Les Blobs attaquent la plage » (Houlala II, La Mission, 1987).

Et pourquoi « Blob » ?

Quand en 2001 je me suis vu confier le chant principal dans un groupe de musique punk, il fallait proposer un nom initiatique qui puisse refléter une part encore peu explorée de ma personnalité. « Blob » est devenu ce surnom, et cette nouvelle identité est parvenue à se juxtaposer puis à se confondre avec celle du passé. Ce choix rendait d'abord hommage aux « Ludwigs » et à ma toute première confrontation avec le punk des années 80, lorsque j'avais une douzaine d'années. Et par extension, aux mouvements alternatifs, aux musiques combattantes qui se jouent dans les caves et les garages, à ces formes d'expression à la fois populaires et libres.

« Blob », qui signifie « goute » ou « tache » en anglais argotique, sonne aussi comme une onomatopée, une syllabe autonome, une formule qui pourrait sortir tout net du dadaïsme ou de l'alphabet Shadok. Une bulle sonore d'où notre humanité émerge avec une douce dérision et qui se répand dans une flaque baignée de camaraderie. Ce mot est déjà un geste musical en soi, minimaliste, essentiel. Il rappelle que la matière des mots et l'articulation des sons exigent beaucoup de justesse. Il dit qu'un ensemble complexe peut être constitué d'une multitude de choses simples, qu'une œuvre peut être radicale si elle n'oublie pas d'être généreuse. Et l'on saisit que le chant est primordial, que tout passe par l'incarnation de ce qui est raconté.

Enfin, la créature en elle-même, cette entité gargantuesque qui ingère et se développe continuellement, peut présenter quelques similitudes avec un parcours de musicien protéiforme. Tout ce qui passe à portée d'esgourde est absorbé, filtré, assimilé, puis déposé en strates au fond d'un corps liquide avant d'être un jour restitué en réminiscences musicales. D'où la nécessité d'accorder au temps le temps d'accomplir son œuvre de maturation, de laisser toutes ces expériences s'étager en couches de plus en plus profondes. Éloge de la lenteur? Il est vrai que le Blob ne se déplace pas promptement. Mais il avance, il avance…

Du faux-filet jusqu'au jarret

Depuis plusieurs mois, Alias Blob s'est lancé dans la réalisation un peu folle, non pas d'un album, mais d'un triple ! Une aventure formidable où le studio la Guitoune, le studio de la Salamandre, le label C'est Pas Des Manières et la Cie Kat'chaça s'associent.
A ce jour, il n'est pas encore question des morceaux définitifs. Vous pouvez néanmoins écouter une bonne partie du projet en suivant ce lien :

OUVRIR LE LECTEUR AUDIO

Enfin il est encore possible d'apporter votre soutien financier au projet en préachetant l'album.

Participer au financement !

UN PETIT AIR DE ROUGE (Prélude)

LE GRAND SOIR

J'ai pris mon blouson
pour aller au bistrot
boire quelques blondes
Chargé de houblon
j'm'en vais jouer au héros
refaire le monde

Mais la révolution
ça tourne en rond
Toujours la même chanson
Bella ciao, ciao, ciao

Faut dire que le zinc
est beurré de nanars
pires que bâbord
Quand ça vous embringue
de bières en communards
jusqu'à ras bord

Oui la révolution
c'est pour de bientôt
À nous le Grand Soir
Bella ciao, ciao, ciao

Puis le bastringue
s'est mis à chavirer
dans les cocardes
Tout se déglingue
en formules consacrées
politicardes

Mais la révolution
c'est pour de faux
Adieu ma jolie
Bella ciao, ciao, ciao

Je m'suis réveillé
dans une bouche de métro
au petit matin
Le cerveau broyé
je m'en vais au bureau
jouer les pantins

La révolution
elle a bon dos
Une balle dans la nuque
Bella ciao, ciao, ciao, ciao

LA VIE SANS ROSE

Rose des sables
tu as enseveli mon cœur
de garçon éperdu
de tes rêves d'épines
et tu me plantes là
accroché à la dune

J'ai eu ma dose
La vie sans rose

Tu sais, j'attendrais
que le sable s'écoule
même si je sais
que j'ai tort d'espérer
que le désert avance
j'attendrais sans rancune

Pas de névrose
La vie sans rose

Et même si la nuit
les étoiles défilent
et même si le jour
les rêves s'évaporent
je cracherais au ciel
pour implorer la pluie

Prends-moi dans tes bras
qu'attends-tu
pour me parler tout bas
dans les creux, dans la peau
brûlée par le soleil
doux baisers de salive

Fais quelque chose
La vie sans rose

Entre dans mes délires
grains de sable au milieu
des étoiles qui tremblent
à me brûler les yeux
sur les vagues de vent
et toucher l'autre rive

Mon cœur implose
La vie sans rose

Rose des vents
tu as éparpillé mes larmes
épongées par le sable
où mes rêves ont fondu
mais les chansons fleurissent
au retour du soleil

Comme une rose
pâle et close

CAROLE LA SACOCHE

Carole la sacoche
titube en plein hiver
de la sciure plein les poches
et les tripes à l'envers

Tu as les cheveux blonds
salis par les épreuves
collés par le houblon
dont tes journées s'abreuvent

Un petit corps exquis
s'il n'était si marqué
par une histoire qui
m'a l'air bien compliquée

Tu as l'œil au beurre noir
est-ce un mari violent ?
ou le bord d'un trottoir
portée par ton élan ?

Car il est malaisé
d'avoir le pied marin
quand on a la nausée
et du bouillon plein les reins

Il n'est pas soir de fête
ni l'orée d'un week-end
juste la mine défaite
d'une triste semaine

Un mari qui te trompe
ou une sombre noce ?
Un simple coup de pompe
dans ce monde féroce ?

Je t'ai nommée Carole
de façon bien gratuite
pour la rime en alcool
et inventer la suite

Je m'appelle bien Pierre
et on fait peu de cas
de mes cuites à la bière
ou muffées de vodka

Vois-tu ma chère Carole
j'espère tant me gourer
d'avoir pris de traviole
une simple virée

Je te souhaite bonne route
Carole la sacoche
que la vie te chouchoute
de l'amour plein les poches

L'ORANGE BLEUE

Je ne sais plus pourquoi j'allais danser
dans une autre galaxie
Comme un jeune pantin désarticulé
emporté vers l'infini

Je ne sais plus pourquoi j'ai décroché
le cordon ombilical
Qui me tenait toujours bien arrimé
à la station sidérale

Mais c'est pas grave, je plane
et je contemple les étoiles
Non c'est pas grave, je tombe
dans le silence spatial
Je viens d'une terre étrange
Terre bleue comme une orange

Je ne sais plus vraiment ce qui m'a pris
de me jeter dans le vide
Poussé par toute cette vie d'ennui
un trou noir au fond du bide

Je ne sais plus comment j'ai traversé
des millions d'années lumières
Pour me trouver la tête renversée
loin de la planète Terre

Mais c'est pas grave, je plane
et je contemple les étoiles
Non c'est pas grave, je tombe
dans le silence spatial
Je viens d'une terre étrange
Terre bleue comme une orange

Non c'est pas grave, je plane
le temps de mettre les voiles
Non c'est pas grave, je tombe
déconnexion du signal
Je vais manquer d'oxygène
Mais ce n'est plus un problème...

LE QUART D'HEURE AMÉRICAIN (Interlude)

SURPRISE-PARTIE À LA VILLA DES CHRYSANTHÈMES (Les Viocs)

Quand le Grand Orchestre gronde
par une nuit de canicule
on découvre en ce bas monde
que ça tire sur les rotules

Déhanchés de fausses blondes
collées au sexe de vieux mâles
mélange d'haleines moribondes
et de fragrances intestinales

Ils dansent sur le paddock
les viocs

Certains exhibent leurs parures
sous des brushings mauvais goût
à vous faire tomber le mercure
à vous faire baver les bagouts

Sur un tango de sinécure
ou un cha-cha-cha frénétique
ils fondent au fur et à mesure
et se putréfient en musique

Ils dansent sur le paddock
les viocs

Voyez ces terribles bestioles
Vieux beaux et rombières édentés
qui tiennent à peine sur leurs guibolles
garnies de varices éclatées

Entre prothèses et matières molles
ou autres vestiges de crâne
on trouve étalés sur le sol
les restes de chute d'organes

Ils dansent sur le paddock
les viocs

MANÈGE D'HIVER

Tu te rendors
je te caresse
je te contourne
toute en rond
je te manège
éternelle
juste aujourd'hui
juste du bien

Tu me distances
mais pas trop
juste aujourd'hui
juste ce qu'il faut
juste un peu de
neige fondue
main dans la main
sans lendemain

Tu me retiens
je te reviens
et le manège
qui recommence
qui s'emballe
qui s'en balance
au bout d'un fil
d'un petit rien
d'un peu de bien
pour quelques jours
et quelques mois
d'hiver au chaud

Tu me ruptures
je te pirouette
et bris de glace
et de vaisselle
et feu aux poudres
d'hiver de rien
où l'on détourne
les yeux en san-
glots silencieux
dos contre dos
deux contre seuls
joue contre jour

Tu te ménages
nage bien
nage loin
sans te retourner

UN DÉ́TAIL

Un détail
pas grand chose...

Un tout petit détail
histoire de rien du tout
un détail perdu
au beau milieu du sable

Une histoire de détail
histoire d'épouvantail
qu'on raconte aux enfants
pour qu'ils ne dorment plus

Un détail encore un
un détail à la seconde
un, deux corps à la pelle
du marchand de sable

Un détail
pas grand chose...

Juste quelques détails
au milieu de milliers
de millions de détails
d'une constellation

Un détail, des étaux
et mon corps me pèse
et ces enfants s'envolent
en poussière d'étoile

MORT D'UN CURÉ DE CAMPAGNE

Le Père a canné
d'une goutte au nez
le sang du Seigneur
ne fais pas l'bonheur
à passer trop d'années
le corps profané
privé de chaleur
ça vous gèle un cœur

Le Père a canné
l'âme chagrinée
noyée dans l'erreur
d'une vie de ferveur
pour un dieu cerne
de dévots aliénés
tristes prédicateurs
marchands de bonheur

Le Père a canné
à l'heure surannée
où les fossoyeurs
hurlent avec fureur
au monde trépané
le chant des damnés
refrains racoleurs
et bonimenteurs

Le Père a canné
homme abandonné
aux doutes ravageurs
d'une foi en pleure
ombre piétinée
de larmes avinées
l'esprit déserteur
d'un souffre-douleur

ADIEU BERTHE ! (Postlude)


LES ABATTOIRS DE CHERBOURG

Par une nuit fraiche et humide
Un chant lugubre me réveille
Ce sont des vaches que l'on trucide
Mais je me bouche les oreilles

Le lendemain au petit dèj'
Je mords un steak sanguinolent
Sans doute la bête prise au piège
De mes bas instincts somnolents

Je pense à elle, un peu coupable
De cette mort industrielle
Mais peu importe je suis à table
Et la saveur du sang m'appelle

En parmentier ou en tartare
Du faux-filet jusqu'au jarret
Ça vous fera baver un viandard
Pourvu que le bestiau soit frais


Une vache
Je suis une peau d'vache
Avec des cornes et des sabots au bout des doigts

J'aime la viande
Bien tendre et saignante
Tant pis pour celle qui finira dans mon assiette

Par une nuit de canicule
Un chant lugubre me réveille
Ce sont des mouettes que l'on en…
Mais je me bouche les oreilles

LE CRABE

Le crabe
le crabe ne recule pas
il se glisse partout
sous les lits
les faux plafonds
jusqu'aux seins de nos mères

Le crabe
c'est ton corps de prison
le couloir de la mort
l'éléphant en travers

Et des roses posées
sur la table de nuit

Le crabe
le crabe résonne au fond de tous

N'ayons plus peur des loups
ils ont quitté Paris
mais le crabe, lui
il tue aussi des mômes
même des gosses de riches
il regarde pas

Le crabe
le crabe n'épargne pas
se faufile partout
sous la peau sur les os
et la tête alouette
jusqu'aux seins de nos mères...

Prélude à l'après-midi d'un lapin de garenne

Myxomatoses

Myxomatose
ça vous dit quelque chose ?
J'ai la tête en compote
et la carcasse ramollie
Myxomatose
o.k. j'ai eu ma dose !
A manger des carottes
et des racines de pissenlit
J'ai les yeux explosés

Mais c'est pas pire
que de finir
dans un laboratoire
boîte à cobayes, qu'ils disent
pour analyses !

Subir des électrochocs
pour faire avancer la science
gober des staphylocoques
en guise d'expérience
ou finir aux cosmétiques
du rouge à lèvre sur le cul
contre la diarrhée chronique
par le trou de la Sécu
et les yeux explosés
explosés !

Myxomatose
ça vous dit quelque chose ?...

Mais c'est pas pire
que de finir
dans un peep-show
Little Shangaï, qu'ils disent
et friandises !

Danser à moitié à poil
une queue d'lapin sur les fesses
sur les tétons des étoiles
certifiées "made in U.S."
puis coucher sans capote
pour toucher le jackpot
un peu d'amour
fixé entre deux mecs
un peu de haine
réglée en traveller's check
juste un extra, kifkif
dans la culotte ou le sous-tif
le Wonderbra
Wonder Woman !

Myxomatose
ça vous dit quelque chose ?...

Mais c'est pas pire
que de finir
chez le taxidermiste
un peu de paille, qu'ils disent
ça paralyse !

S'faire plomber à la mitraille
ou déboîter au pare-chocs
éviscérer les entrailles
et coller des yeux en plastoc
du panthéon des lapins
au comble de l'ironie
la maîtresse en maillot d'bain
devant 30 millions d'amis
Qui veut ma peau ?
Roger Rabbit !

Myxomatose !
Mixo-mixeur !
il paraît qu'on en meure
J'ai les yeux explosés

Lâcher d'utopistes dans la prairie (Interlude)

Sarkophages

Je suis un roi de pique
au sommet d'une pyramide
le fantoche pharaonique
atrabilaire et liberticide

Je suis la nécrose incarnée
nourrie au sein de la calomnie
un sycophante destiné
aux affres de la tyrannie

Je suis Le Roi de Pique
tout en haut de la pyramide
le tartuffe fanfaronique
irascible et psychorigide

On me surnomme le Sarkophage
tout en béton jusqu'à la moelle
polymorphe et anthropophage
xénophobe et bouffeur de cervelle

Je foutrais dans des charters
aux confins de l'infamie
des enfants et des grabataires
fils de métèques et flopées d'insoumis

Je suis la Dame de Pique
à cheval sur la pyramide
hétaïre schizophrénique
moitié flambeuse, moitié frigide

Je reçois dans mon palace
entre les flûtes et les boudoirs
la crème des crèmes, l'as des as
la fine fleur du pouvoir

Et je jouie de la perversité
un doigt de fiel et de vautour
gavée au sein de la vanité
concupiscente et blasée tour à tour

Vade Metro

Lundi, patates et mal au dos
Mardi, patates et mal au dos
Mercredi, idem, jeudi, zéro
Vendredi, la même rengaine
Samedi, dimanche, je reste au chaud

Oh ! Laisse passer, laisse couler
regarde le flot des travailleurs
Oh ! Laisse pisser, laisse tomber
prend garde au salaire de labeur
Vade Metro !

Métro, boulot et mal au dos
métro, goulot, y'a plus de rêve
Trop mal aux ch'veux, mal dans la peau
Lorsque nos illusions s'achève

J'veux pas finir dix pieds sous terre
loin des pigeons, loin des gratte-ciels
J'veux pas qu'on remplace la lumière
par ces soleils artificiels

Lundi, patates et mal au dos
Mardi, patates et mal au dos
Mercredi, idem, jeudi, zéro
Vendredi, la même rengaine
Samedi, dimanche, je reste au chaud

Vade Métro, les gens s'entassent
ferment les yeux, courbent le dos
tout le monde à son poste, à sa place,
pour croûter des patates à l'eau

J'veux pas bosser pour ces diables sans queue
ces cravates grises aux sourires acérés
Laissez-moi sortir, j'veux pas finir comme eux
laissez-moi brailler, laissez-moi dérailler

Regarde ces zombies dans les filles d'attente,
ils se gavent de nos rêves et de nos idéaux
Prends garde à ces odeurs, ces haleines grimaçantes
ces bouches qui avalent les mauvais numéros

J'veux plus ramer sous terre pour des patates à l'eau
quitte à foutre du beurre dans les tronches à cravate
J'veux plus vivre à l'envers, vivre pour le boulot
comme une bête piégée qui se ronge la patte

Vade métro, les zombies nous attaquent
ils se sont infiltrés par la porte du fond
Vade métro, la folie nous matraque
une énorme araignée accrochée au plafond

J'veux pas finir comme ça, j'veux pas finir broyé
quitte à bouffer du zombie, peler du cannibale
J'veux pas finir comme eux, laissez-moi respirer
La sortie de secours ou je perds les pédales

Lundi, cravate et mal au dos
Mardi, cravate et mal au dos
Mercredi, idem, jeudi, pas beau
Vendredi, la même dégaine
Samedi, dimanche, Vade Métro !

Chants de ruines

Fourbi de boue
et de cadavres faisandés
de ceux qui sont morts debout
pour quelque cause, pour des idées

Pour les idées des autres
ceux qui ne mouillent pas leur chemise
pour ces paroles d'apôtres
qui prêchent à n'importe quelle église

Tant que les gorges ne seront pas tranchées

Amas de taules
et de membres oubliés
accrochés au mauvais rôle
aux rouleaux de fils barbelés

On ne se bat pas avec des fleurs
mais avec des gerbes d'immondices
pour ceux qui ne craignent la douleur
et sacrifient leurs propres fils

Tant que leur soif ne sera pas étanchée

Il pleut des trombes
d'obus sur les soldats enflammés
peu importe l'hécatombe
elle nourrit les bouches affamées

Elles se jettent comme des vautours
sur le charnier de l'Histoire
afin de s'asseoir à leur tour
au sommet d'une tour d'ivoire

Le sang coule entre les dents comme un goût d'immortalité

La Femme squelette

Une ombre précipitée
du haut d'une falaise
engloutie pour des siècles
par cet océan furieux

Pourquoi ce drame ?
Pour une liaison interdite ?
Pour avoir osé aimer
l'homme qu'elle avait choisi

Un père infanticide,
une tribu fanatique
une enfant que l'on tue
pour des rites stupides
aux intérêts douteux
de ces gagne-petit
prêts à verser le sang
de leur propre chair

Son corps décomposé
au fil des années…

Un marin du Grand Nord
lui a jeté sa ligne
l'hameçon pris au piège
du corps squelettique

Et l'homme effrayé
à la vue de sa prise
s'en est vite retourné
chez lui sur la banquise

Le marin, épuisé,
s'endort sur sa couche
hanté dans ses rêves
par la femme squelette

L'effroyable créature
qui veille à ses côtés
embrasse ce visage
aux traits forts et fragiles

D'abord du sang
qui recouvre ses os
des viscères et un cœur
accrochés à la chair
recouverte de peau
entrouverte de lèvres
et de ses yeux mi-clos
qui recouvrent la vie,
une larme…

Zorann (L'Enfant étoile)

« Quand tu regarderas le ciel, la nuit,
puisque j'habiterai dans l'une d'elles,
puisque je rirai dans l'une d'elles,
alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles.
Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire ! »


Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince (chap. 26)

Le vieux marchand et le canasson

Avance, vieille carne
Avance
Avance, tas de viande
On y est presque
On touche l'horizon
Là où les étoiles naissent

On a traversé des tourmentes
Du sable plein les naseaux
La chair meurtrie par le gel
Et des crevasses sous les yeux

Avance, vieille carne
Avance
Avance je te dis
On touche au but
Là où le soleil s'éveille
Sur des prairies infinies

Nos peaux ne font plus qu'une
D'un même cuir boucané
Et nos carcasses se disloquent
Au rythme de nos pas emboités

Allez avance vieille carne
Avance
Avance mon vieil ami
Demain on se reposera
A nous les promesses
De sourires et d'herbes fraîches

On a parcouru le vieux monde
Tendus comme des fils de soie
Habités de jours heureux
Et de veillées aux chants funèbres

Allez avance, vieille carne
Ne lâche pas
Plus que quelques foulées
Mon vieil ami
Mon pire ennemi parfois
Miroir de nos turpitudes

On partagera les richesses
De nos racontars fabuleux
Trésors de nos vies décharnées
Remplis de parfums innombrables

Avance, vieille carne
Accroche-toi
Je sens que la fin est proche
Là, juste là, à l'horizon
Les yeux à moitié clos
Et nos cœurs à l'unisson

Lettre d'un soldat de boue

Ma chère et tendre épouse
j'ai de tristes nouvelles
je ne pourrai rentrer
comme promis, cet hiver

Ne m'attends pas au train
car le monde est cruel
il méprise l'amour
il attise la guerre

Embrasse cet enfant
que je ne connais guère
juste une photo glissée
entre deux chocolats

Dire que je suis un homme
et dire que je suis père
mais qu'à l'heure de l'assaut
je ne suis qu'un cancrelat

Le sang me pétrifie
la violence m'insurge
j'exècre les humains
doués de tant de haine

L'homme est un choléra
une affligeante purge
un fléau contagieux
où la mort se déchaîne

Quand le combat approche
mes jambes se dérobent
comme paralysées
par cette chose infecte

Car je n'ai ni violence
ni fibre xénophobe
et me terre dans la boue
comme une larve d'insecte

Les bras ankylosés,
le torse au souffle court
je demeure immobile,
combattant sur la touche

Et pris dans la tourmente
je hurle à ton amour
je m'arrache la gorge
de la terre plein la bouche

Et je prie le bon dieu
si quelque part existe
de ne pas me faucher
quitte à descendre en enfer

Car plus que tout au monde
rien n'me serait plus triste
que d'avoir donné vie
à un enfant sans père

Parfois dans le silence
quand les hommes sont las
et que la nuit se pose
sur la boue hémophile

Je façonne ton corps
tes épaules, tes bras,
tes hanches, ta poitrine,
ton visage d'argile

Je te pétrie d'amour
en rêvant à moitié
de l'odeur de la ferme
de l'odeur de ton ventre

Je traverse la glaise
où mon corps nourricier
redonne un peu de vie
à cette terre en cendres

Production
Contact : Sathya Flory
Courriel : sathya.flory@aliasblob.com
Téléphone : +33 (0) 6 70 91 07 33

Diffusion
Contact : Julie Ciapin
Courriel : julie.ciapin@aliasblob.com
Téléphone : +33 (0) 6 32 89 55 93

Diffusion
Contact : Sylvain Martinet
Courriel : sylvain.martinet@aliasblob.com
Téléphone : +33 (0) 7 84 15 01 95

Artistique
Contact : Pierrem Thinet
Courriel : pierrem.thinet@aliasblob.com
Téléphone : +33 (0) 6 81 66 97 47

Administratif
Contact : C'est Pas Des manières
Adresse postale : 34 avenue Roger Salengro
69100 Villeurbanne (France)
Courriel : gestion@cestpasdesmanieres.org
Téléphone : +33 (0) 4 78 94 84 12
Site web : http://www.cestpasdesmanieres.org/artists/alias-blob/

Concerts à venir

  • Jeudi 2 novembre 2017 15h00 / sortie de résidence
    Salle des Rancy - 249 rue Vendôme 69003 Lyon

  • Samedi 4 novembre 2017 21h00 / solo
    Aux Bons Sauvages - 2 quai Jean Jacques Rousseau 69350 La Mulatière

  • Jeudi 30 novembre 2017 20h30 / 1ère partie
    Salle des Rancy - 249 rue Vendôme 69003 Lyon

  • Vendredi 12 janvier 2018 20h30 / solo
    La Boîte à Gants - 4/6 rue Pierre Blanc 69001 Lyon

  • Vendredi 23 mars 2018 20h30 / combo / sortie du triple album !
    Toï Toï Le Zinc - 17/19 rue Marcel Dutartre 69100 Villeurbanne

  • Les derniers concerts

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